lundi 11 février 2008

c'est le pied !

Hier, ma grande m'annonce qu'elle n'aime pas ses pieds. Je ne vais pas la contredire, je ne trouve pas cette partie de l'anatomie très esthétique... je la console, en lui disant qu'elle est par ailleurs charmante et qu'on ne la jugera pas sur ces extrémités.

Peu de temps après, j'expliquais à la petite que nous allions changer son lit, mettre l'ancien à la déchetterie, et juste changer les pieds. La grande arrive juste à se moment là et n'entendant que la fin, me dit :

_ Non, mais ce n'est pas grave, je ferais avec ceux là !!

Appelez-moi Coperfield !

Bien souvent, les collègues vendeurs me renvoient les clients quand ils ne peuvent satisfaire la demande. Sauf que lorsque même le client ne sait pas ce qu'il veut, cela peut donner des dialogues cocasses.

_ Votre collègue m'a dit de venir vous voir, car je cherche pour ma tondeuse un truc grand comme ça, c'est dans un alliage...

_ C'est pour quelle machine ?

_ Un tondeuse !

_ Ça, j'avais compris, mais de quelle marque ? Quel modèle ?

_ J'en sais rien !! C'est pas la mienne.

_ Le souci, c'est que je dois commander les pièces détachées et pour cela il faut que je sache chez qui je les commande.

_ Vous n'avez rien ici.!!

Mon poste se réduit à moins de 6 mètres carrés, je ferais comment pour avoir toutes les pièces, pour toutes les sortes de machines, de toutes les marques ?

_ Non, Monsieur, je dois passer commande.

_ Mais c'est maintenant qu'il me la faut !!!

_ Que voulez-vous que je réponde ? Je ne vais ni vous la faire apparaître, ni la fabriquer sous vos yeux éblouis !!!

Et là, la plupart du temps, le client ne dit plus rien et s'en va.

Grossier personnage

Certains, manquants certainement de vocabulaire, laissent éclater leur mécontentement par l'utilisation de mots fleuris.

_ Mais P... de M..., mon appareil de M... est en panne, qu'est ce que je dois faire !!!

_ Pour la Xème fois, Monsieur, venez au magasin, par téléphone, je ne peux rien faire de plus.

_ Mais P... de M..., je ne peux pas venir aujourd'hui, alors dîtes moi, ce qu'il faut faire pour avoir satisfaction dans ce P... de magasin !!!

_ Monsieur, cessez de me hurler des insanités dans les oreilles, je viens de vous dire ce qu'il fallait faire !!!

_ Mais B... de P... de M...

_ Monsieur, je vais raccrocher !

Regards amusés des autres clients et des collègues.
Celui-là était sûrement dure de la feuille, mais pas muet.

vendredi 8 février 2008

chacun sa version

Sur le bas du ticket de caisse du magasin il est noté "conserver pour pour la garantie ou échange sous 30 jours". A cette petite phrase innocente, il manque un petit rien, une virgule.

Aujourd'hui, une cliente exige le remboursement d'un appareil de chauffage défectueux. Seulement, la charte est "réparation" pas "échange". Je tente calmement de lui expliquer.

_ Mais c'est écrit "échange sous 30 jours"

_ Je suis d'accord, c'est mal libellé.

_ Vous devez me le changer, c'est écrit !!!

_ Mais si on le lit comme vous le faites, cela veut aussi dire que votre appareil n'est garantie que 30 jours. Alors qu'il l'est pendant un an.

_ Bah, heureusement encore !

_ On peut donc lire cette phrase comme on le veut...

_ Et bien, je n'achèterais plus rien chez vous.

_ Mais c'est une charte passée entre le fabricant et les revendeurs, ailleurs, ce sera pareil !!!

_ Chez d'autres ce sera bien mieux expliqué sur le ticket.

_ Il ne peut pas être noté sur le ticket la durée de garantie de chacun des articles achetés... Imaginez que vous faites l'acquisition d'une dizaine de machines... Imaginez la taille du ticket !!!
il y a des garantie d'un, deux, ou trois ans selon les fabricants et les produits !!!

_ Je m'en fous, moi je lis que vous devez me l'échanger !!!

Dès demain, il faudra que je vois pour faire changer cela....

dimanche 3 février 2008

Mauvaise foi

Pourquoi les gens n'entendent que ce qu'ils ont envie ?

Hier, ma chef était venue m'aider (elle a eu vent de ma crise), un client arrive et commence en me demandant si je le prends pour un imbécile. Mme Chef intervient et essaye d'avoir une explication à cette agressivité.
N'arrivant à rien avec lui, elle se tourne vers moi et me demande de l'éclairer sur le dossier de ce monsieur.

_ Il a laissé son appareil, il y a trois semaines, mais quand il est revenu, je me suis rendu compte qu'il y avait eu inversion dans les n° de série, et son appareil avait été traité sous le dossier d'un autre client par le réparateur agrée et donc, comme l'autre client avait refusé le devis, il était revenu non réparé...

Le monsieur me coupe la parole, le visage rouge de colère me crache ( si si, j'ai senti et vu les postillons) :

_ Voilà une nouvelle version ! Ce n'est pas ce que vous m'avez dit la dernière fois !

_ Si.

_ Non, vous m'avez dit qu'il y avait eu une inversion !

_ C'est ce que je viens de dire !

_ Il n'était pas question de n° de série !

_ Mais, pour vous ce détail ne change rien, il y a eu inversion de dossier sur deux appareils semblables, et je m'en suis rendue compte avec le n° de série, mais ...

_ Vous ne m'aviez pas dit ça la dernière fois, chaque fois, j'ai une version différente.

_ Elle n'est pas différente, elle est plus détaillée !

J'ai préféré partir, et ma chef l'a emmené dans son bureau.

Plus tard, elle m'a conforté dans mon idée que cet homme est un imbécile de mauvaise foi, mais que pour éviter tout problème futur, elle avait réglé le litige avec des chèques-cadeaux...

jeudi 31 janvier 2008

Cela ne marche pas toujours...

Je suis fatiguée.
Fatiguée d'être seule à assumer ce poste toute seule.
Fatiguée que ceux qui ont le pouvoir de décision, n'aient même pas idée de ce que ce job implique.
Je prends du retard, je ne suis plus mes dossiers. Je passe mon temps au comptoir, interrompue sans cesse. Je n'ai fait aucune expédition aujourd'hui. Et ces retards, sont de futurs litiges possibles.

Et ce soir, au lieu de partir à 18 heures, j'ai pointé à 18h30 !
Je fermais avec 5 minutes de retard, lorsqu'un couple s'approche. La femme retient l'homme par la manche. Lui montre le panneau avec les horaires.
- Et alors, elle est encore là, elle va bien s'occuper de nous. Il n'y en a pas pour longtemps.
Il parlait haut et clair. Impossible de faire comme si je n'avais rien entendu. Mais que répondre ?
Bien sûr, ce qui devait être rapide, c'est avéré plus délicat. En repartant, la femme s'est excusée de m'avoir retenue. Le monsieur non. Et pourquoi l'aurait-il fait ? Je suis payée pour ça, non ?

Cette journée a été vraiment éprouvante, je l'ai fini dans l'atelier en pleurs.
Si j'étais procédurière, je porterais plainte contre mon employeur pour harcèlement moral.
Le prochain client désagréable, risque de payer pour les autres. Il faut que je trouve le courage d'aller voir la responsable et de lui dire le fond de ma pensée. Au risque de prendre un second courrier d'avertissement...

mardi 29 janvier 2008

Gros chagrin

Hier matin, ma grande est partie en classe de neige. La petite a voulu l'accompagner au bus. Dès la première marche passée, une larme tombe. On voit la grande qui s'installe, et c'est un torrent de larmes qui déferle.

_ Mais, elle ne part pas au goulag, elle va revenir.
_ Je ne veux pas qu'elle parte !!!!
_ Sois raisonnable ! A chaque jour, à chaque heure, vous vous chicanez, vous vous insultez, vous vous frappez...
_ Tu ne peux pas comprendre !!!
_ Ah ça non, c'est clair !

Les copines de la grande lui montrent la petite en larme. Sourire crispée. Une larme retenue de justesse. Un petit signe de la main. Un menton tremblotant. Ma grande n'en mène pas large non plus.

Finalement, elles s'aiment...