lundi 11 février 2008

c'est le pied !

Hier, ma grande m'annonce qu'elle n'aime pas ses pieds. Je ne vais pas la contredire, je ne trouve pas cette partie de l'anatomie très esthétique... je la console, en lui disant qu'elle est par ailleurs charmante et qu'on ne la jugera pas sur ces extrémités.

Peu de temps après, j'expliquais à la petite que nous allions changer son lit, mettre l'ancien à la déchetterie, et juste changer les pieds. La grande arrive juste à se moment là et n'entendant que la fin, me dit :

_ Non, mais ce n'est pas grave, je ferais avec ceux là !!

Appelez-moi Coperfield !

Bien souvent, les collègues vendeurs me renvoient les clients quand ils ne peuvent satisfaire la demande. Sauf que lorsque même le client ne sait pas ce qu'il veut, cela peut donner des dialogues cocasses.

_ Votre collègue m'a dit de venir vous voir, car je cherche pour ma tondeuse un truc grand comme ça, c'est dans un alliage...

_ C'est pour quelle machine ?

_ Un tondeuse !

_ Ça, j'avais compris, mais de quelle marque ? Quel modèle ?

_ J'en sais rien !! C'est pas la mienne.

_ Le souci, c'est que je dois commander les pièces détachées et pour cela il faut que je sache chez qui je les commande.

_ Vous n'avez rien ici.!!

Mon poste se réduit à moins de 6 mètres carrés, je ferais comment pour avoir toutes les pièces, pour toutes les sortes de machines, de toutes les marques ?

_ Non, Monsieur, je dois passer commande.

_ Mais c'est maintenant qu'il me la faut !!!

_ Que voulez-vous que je réponde ? Je ne vais ni vous la faire apparaître, ni la fabriquer sous vos yeux éblouis !!!

Et là, la plupart du temps, le client ne dit plus rien et s'en va.

Grossier personnage

Certains, manquants certainement de vocabulaire, laissent éclater leur mécontentement par l'utilisation de mots fleuris.

_ Mais P... de M..., mon appareil de M... est en panne, qu'est ce que je dois faire !!!

_ Pour la Xème fois, Monsieur, venez au magasin, par téléphone, je ne peux rien faire de plus.

_ Mais P... de M..., je ne peux pas venir aujourd'hui, alors dîtes moi, ce qu'il faut faire pour avoir satisfaction dans ce P... de magasin !!!

_ Monsieur, cessez de me hurler des insanités dans les oreilles, je viens de vous dire ce qu'il fallait faire !!!

_ Mais B... de P... de M...

_ Monsieur, je vais raccrocher !

Regards amusés des autres clients et des collègues.
Celui-là était sûrement dure de la feuille, mais pas muet.

vendredi 8 février 2008

chacun sa version

Sur le bas du ticket de caisse du magasin il est noté "conserver pour pour la garantie ou échange sous 30 jours". A cette petite phrase innocente, il manque un petit rien, une virgule.

Aujourd'hui, une cliente exige le remboursement d'un appareil de chauffage défectueux. Seulement, la charte est "réparation" pas "échange". Je tente calmement de lui expliquer.

_ Mais c'est écrit "échange sous 30 jours"

_ Je suis d'accord, c'est mal libellé.

_ Vous devez me le changer, c'est écrit !!!

_ Mais si on le lit comme vous le faites, cela veut aussi dire que votre appareil n'est garantie que 30 jours. Alors qu'il l'est pendant un an.

_ Bah, heureusement encore !

_ On peut donc lire cette phrase comme on le veut...

_ Et bien, je n'achèterais plus rien chez vous.

_ Mais c'est une charte passée entre le fabricant et les revendeurs, ailleurs, ce sera pareil !!!

_ Chez d'autres ce sera bien mieux expliqué sur le ticket.

_ Il ne peut pas être noté sur le ticket la durée de garantie de chacun des articles achetés... Imaginez que vous faites l'acquisition d'une dizaine de machines... Imaginez la taille du ticket !!!
il y a des garantie d'un, deux, ou trois ans selon les fabricants et les produits !!!

_ Je m'en fous, moi je lis que vous devez me l'échanger !!!

Dès demain, il faudra que je vois pour faire changer cela....

dimanche 3 février 2008

Mauvaise foi

Pourquoi les gens n'entendent que ce qu'ils ont envie ?

Hier, ma chef était venue m'aider (elle a eu vent de ma crise), un client arrive et commence en me demandant si je le prends pour un imbécile. Mme Chef intervient et essaye d'avoir une explication à cette agressivité.
N'arrivant à rien avec lui, elle se tourne vers moi et me demande de l'éclairer sur le dossier de ce monsieur.

_ Il a laissé son appareil, il y a trois semaines, mais quand il est revenu, je me suis rendu compte qu'il y avait eu inversion dans les n° de série, et son appareil avait été traité sous le dossier d'un autre client par le réparateur agrée et donc, comme l'autre client avait refusé le devis, il était revenu non réparé...

Le monsieur me coupe la parole, le visage rouge de colère me crache ( si si, j'ai senti et vu les postillons) :

_ Voilà une nouvelle version ! Ce n'est pas ce que vous m'avez dit la dernière fois !

_ Si.

_ Non, vous m'avez dit qu'il y avait eu une inversion !

_ C'est ce que je viens de dire !

_ Il n'était pas question de n° de série !

_ Mais, pour vous ce détail ne change rien, il y a eu inversion de dossier sur deux appareils semblables, et je m'en suis rendue compte avec le n° de série, mais ...

_ Vous ne m'aviez pas dit ça la dernière fois, chaque fois, j'ai une version différente.

_ Elle n'est pas différente, elle est plus détaillée !

J'ai préféré partir, et ma chef l'a emmené dans son bureau.

Plus tard, elle m'a conforté dans mon idée que cet homme est un imbécile de mauvaise foi, mais que pour éviter tout problème futur, elle avait réglé le litige avec des chèques-cadeaux...

jeudi 31 janvier 2008

Cela ne marche pas toujours...

Je suis fatiguée.
Fatiguée d'être seule à assumer ce poste toute seule.
Fatiguée que ceux qui ont le pouvoir de décision, n'aient même pas idée de ce que ce job implique.
Je prends du retard, je ne suis plus mes dossiers. Je passe mon temps au comptoir, interrompue sans cesse. Je n'ai fait aucune expédition aujourd'hui. Et ces retards, sont de futurs litiges possibles.

Et ce soir, au lieu de partir à 18 heures, j'ai pointé à 18h30 !
Je fermais avec 5 minutes de retard, lorsqu'un couple s'approche. La femme retient l'homme par la manche. Lui montre le panneau avec les horaires.
- Et alors, elle est encore là, elle va bien s'occuper de nous. Il n'y en a pas pour longtemps.
Il parlait haut et clair. Impossible de faire comme si je n'avais rien entendu. Mais que répondre ?
Bien sûr, ce qui devait être rapide, c'est avéré plus délicat. En repartant, la femme s'est excusée de m'avoir retenue. Le monsieur non. Et pourquoi l'aurait-il fait ? Je suis payée pour ça, non ?

Cette journée a été vraiment éprouvante, je l'ai fini dans l'atelier en pleurs.
Si j'étais procédurière, je porterais plainte contre mon employeur pour harcèlement moral.
Le prochain client désagréable, risque de payer pour les autres. Il faut que je trouve le courage d'aller voir la responsable et de lui dire le fond de ma pensée. Au risque de prendre un second courrier d'avertissement...

mardi 29 janvier 2008

Gros chagrin

Hier matin, ma grande est partie en classe de neige. La petite a voulu l'accompagner au bus. Dès la première marche passée, une larme tombe. On voit la grande qui s'installe, et c'est un torrent de larmes qui déferle.

_ Mais, elle ne part pas au goulag, elle va revenir.
_ Je ne veux pas qu'elle parte !!!!
_ Sois raisonnable ! A chaque jour, à chaque heure, vous vous chicanez, vous vous insultez, vous vous frappez...
_ Tu ne peux pas comprendre !!!
_ Ah ça non, c'est clair !

Les copines de la grande lui montrent la petite en larme. Sourire crispée. Une larme retenue de justesse. Un petit signe de la main. Un menton tremblotant. Ma grande n'en mène pas large non plus.

Finalement, elles s'aiment...

dimanche 27 janvier 2008

Caméra cachée

Hier, j'ai bien cru que la caméra de surveillance était braquée sur mon comptoir, pour une séance de vidéo gag.

Deux jeunes s'approchent, ils n'ont pas l'air très "vifs". Ils viennent me demander où sont les groupes électrogènes.
Je commence à tendre le bras, pour leur indiquer la direction à suivre. Quand le moins "éveillé" ajoute qu'ils cherchent un groupe électrogène électrique...

Je suspends mon geste, les regardent. J'hésite.
Un de mes collègues en entendant la requête s'approchent.
_ Mais, le principe du groupe électrogène, c'est de faire de l'électricité ! Si vous en avez déjà, vous n'avez pas besoin de groupe !

Je sais que ce n'est pas gentil de se moquer, mais, j'entends tellement souvent des propos étonnants. Et pour une fois, j'avais un témoin !

vendredi 25 janvier 2008

Big Brother

Manifestement, certaines personnes souhaitent être pistées.

Un client arrive avec une machine "peut-être" sous garantie, il n'a pas de ticket. Je ne peux malheureusement pas faire grand chose pour sa prise en charge.
Il s'insurge, persuadé qu'on peut le retrouver dans l'ordinateur. Quelqu'un lui a dit.

_ Mais, monsieur, nous ne pistons pas les clients, je ne peux pas savoir quels ont été vos achats !
_ Et pourtant ce serait pratique, voyez bien !! Cherchez mieux !

Deux autres collègues de passage, tentent de lui faire comprendre à leur tour.
Il n'en démord pas, je lui propose la seule solution possible : retrouver son talon de chèque. Ainsi, avec la date et le montant exact de l'achat, il est possible de ressortir un ticket de caisse (tant que cela ne remonte pas trop loin dans le temps). Parce qu'à moins que cet achat ne soit le résultat d'une commande, il n'y a pas d'autre piste.

_ Voyez bien que vous pouvez me retrouver !
_ Vous non, votre ticket si, sous condition. Les tickets ne sont pas nominatifs, heureusement ! En tant que cliente, je n'aimerais pas qu'on puisse savoir ce que j'achète. Que quelqu'un puisse regarder tous mes achats, éplucher mes habitudes, quelle horreur !!
_ Je ne vois pas en quoi c'est génant.

J'enregistre son dépôt. Comme il avait déjà été enregistré dans nos archives pour une commande ultérieure, je lui demande confirmation de son n° de téléphone.

_ Voyez bien que vous pouvez me retrouver !
_ Votre fiche signalétique, oui. Vos achats, non.

Il lève les yeux au ciel, pour lui tout ça, c'est la même chose...

jeudi 24 janvier 2008

Ah ! la jeunesse

Et bien voilà, j'ai pris un coup de vieux ce soir...

Ma grande décide de m'accompagner pour mon footing du soir.
Ravie, surprise, j'accepte avec joie.
En route, je cherche mon souffle, je me concentre, rythme mes foulées, j'essaie de faire ça bien quoi!!
Et ma grande qui discute, me double, se traîne. Elle me raconte sa journée, pose des questions. Je suis bien incapable d'y répondre, pour le moment j'essaie de RESPIRER.

Finalement, j'ai écourté mon parcours.
En rentrant, elle fait ce commentaire magnifique à son père qui s'étonne de notre retour
_ Maman, elle avait vraiment trop de mal !

J'adore ma fille, mais il est certain qu'elle ne fera pas carrière dans la diplomatie !

Allez, mamie va se coucher. Sinon demain matin, elle n'arrivera pas à suivre sa séance de gym.

Paradoxe

C'est confirmé, le client satisfait est un mythe...

Aujourd'hui et à un quart d'heure d'écart :

_ Je souhaite commander une pièce détachée sur cet appareil.
_ Bonjour, je vais regarder...
Sur l'écran s'affiche : " Pendant la garantie : produit échangé, pas de réparation possible.
Hors garantie : ", donc pas de réparation possible sur cette machine importée.
J'en informe la cliente.
_ Quoi ?!! Bravo, nous vendez des produits qui sont bons à jeter dès qu'ils ne sont plus sous garantie ! Vous n'avez pas honte ! Et la pollution....bla bla bla....

Personnellement, je ne vends rien, donc je n'ai honte de rien !


Autre cliente :

_ Voilà, cet appareil ne fonctionne plus, changez-le !
_ Ce n'est pas possible sur cette marque. Je dois l'envoyer en réparation.
_ Quoi ?!! Bravo, de nos jours, ne pas être capable de satisfaire le client, devoir attendre après une machine que j'ai payé !! Je suis une très bonne cliente, si vous voulez, je peux vous montrer mes tickets... bla bla bla....

Et encore une qui croit avoir acheté le magasin, c'est dingue le nombre de "bons clients". A croire qu'ils ont des actions et que tout leur est dû.

Ils ne veulent pas comprendre qu'un produit d'import pas cher, ne peut pas être réparé. Même quand cela est possible, le prix des pièces est tellement élevé qu'il vaut mieux racheter une nouvelle machine. Et en même temps, quand ils prennent des marques, ils veulent les avantages du "pas cher" (l'échange sans contrôle) et les bénéfices de la marque (c'est-à-dire un suivi sérieux, des réparations possibles...).

mercredi 23 janvier 2008

Poste à responsabilités ?

J'aimerais qu'on m'explique pourquoi on justifie les salaires des cadres, en disant qu'ils ont un poste à responsabilités. Alors qu'ils n'en prennent aucune, et même qu'ils délèguent, pour ne pas dire se lâchent...

Deux derniers exemples dans le magasin où je travaille :

Il y a peu de temps, un client ne souhaitant pas me parler à moi, simple sous-fifre, réclame haut et fort un "responsable", je fais le numéro du cadre de permanence, censé régler les litiges, les problèmes etc... D'abord il ne décroche pas, je tente alors "l'appel micro", l'annonce est faite mais au bout d'un quart d'heure, pas de "responsable" en vue. Le client tempête, devient virulent, et bien sûr il s'en prend à moi... malgré mes efforts, je n'arrive pas à joindre le fameux responsable. Mon charmant interlocuteur finit par s'en aller, non sans menacer d'envoyer un courrier au siège. Plus tard j'apprends que ce cadre ne considère pas "cela" de son ressort, que les litiges SAV doivent être réglé par les chefs de secteurs.
OK, c'est facile pour lui, il est au rayon déco... c'est certain que des litiges sur des coussins et des rideaux, ça doit être violent !!! On ne se méfie jamais assez des coussins...

Autre exemple ; hier, un client revient avec une machine, selon la charte, cette appareil ne se répare pas et il faut donc l'échanger. Je fais les papiers nécessaires et renvoie le client vers le rayon. Dix minutes après, un de mes collègues du rayon m'explique qu'il faut que JE fasse la vidange, il s'était proposé de m'aider, mais le "responsable" lui a expliqué qu'il fallait que je me "démerde toute seule"...
C'est agréable de se sentir soutenue...
C'est vrai que c'est de ma faute s'il n'y a toujours pas de technicien, si je suis toute seule pour gérer le SAV, si les clients ne sont pas satisfaits du conseil reçu lors de l'achat...
De tout façon, cet individu est toujours comme ça, quand je l'appelle pour un litige, il me répond toujours qu'il ne viendra pas et qu'en gros il emmerde les clients.
Chaque fois que j'applique la charte sur ses produits, il n'est jamais d'accord, dit que je fais n'importe quoi, en gros, c'est comme si il me disait que je ne sais pas lire, vu qu'il s'agit d'appliquer la procédure inscrite sur l'écran...
Il est responsable de son caractère ça c'est sûr, pour le reste il ne se mouillera pas trop.

Je crois que je vais demander une prime de risque, ou au moins une prime pour "service rendue aux planqués".

samedi 19 janvier 2008

Bizarre, vous avez dit bizarre

J'ai eu le fin mot de l'expression de ma fille.
En fait, elle trouve les adultes en général bizarres. Ou voulait-elle m'épargner ?
Effectivement, elle a du mal à comprendre pourquoi nous faisons tous des choses qu'au fond nous ne voulons pas faire.
Elle estime que nous nous compliquons la vie.
Pourquoi travailler si on en retire aucune satisfaction ? Pourquoi se marier quand on sait qu'il y a un risque de divorce ? Pourquoi faire des enfants si on a pas les moyens de les élever ?
Mon dieu, elle n'a que douze ans et j'ai l'impression qu'elle est déjà blasée !
C'est ça la vie, c'est compliqué sinon c'est plat, sans intérêt !
On apprend de ses erreurs, mais si on n'en fait pas, est-ce qu'on devient malgré tout adulte ?

Quand tout le monde s'y met

Il n'y a pas que les clients qui ont des réflexions curieuses.

Un couple arrive et me demande si nous louons des ponceuses à parquet.
Malheureusement, nous ne faisons plus la location de cet appareil depuis la revitalisation du magasin.
Devant leur désarroi, j'attrape l'annuaire pour leur trouver un loueur. Et je tombe sur un ... champion ;
_ Bonjour, est-ce que vous louer des ponceuses à parquet ?
_ euh... les ponceuses pour parquet en bois ?
_ oui ! (je me retiens de lui demander s'il existe des parquets en d'autres matières )
_ je ne sais pas, je vais voir...
Et alors quoi ? Est-il sûr qu'il travaille dans cette entreprise ?
Je répète ses propos au couple, qui s'en amuse et me dit de laisser tomber. Il me remercie de les avoir aidés. Heureusement que je leur avais parlé d'un autre loueur un peu éloigné certes compétent au moins...

mercredi 16 janvier 2008

Pourquoi ?

Ce soir, je rentre fatiguée, comme presque tous les soirs...
_ Maman ?
_ Hum ...?
_ Je t'aime.
Je regarde ma fille avec tendresse. Elle n'est pas du genre "câline" habituellement.
_ Je t'aime ma bichette. Tu voulais qu'on discute de quelque chose ?
_ Non, non.
Je l'embrasse sur le front et me retourne.
_ Maman ? Tu es fatiguée ?
_ Un peu, pourquoi, tu as besoin de quelque chose ?
_ Non, c'est pour savoir.
_ Ecoute Bichette, je sens qu'il y a quelque chose qui te tracasse, parles-en.
_ En fait, je voulais savoir une chose, je voulais savoir si c'est à cause de nous que tu fais un travail pas marrant ?
_ C'est vrai que mon poste n'est pas des plus faciles, mais j'aime travailler, être au contact avec les gens, je fais plein de choses différentes, je rencontre pleins de gens différents, je n'ai pas le temps de m'ennuyer ou de voir le temps passé.
_ Tu es sûre ?
_ Oui. Tu sais, j'ai besoin de travailler, pour mon équilibre. C'est vrai que c'est mieux aussi pour la famille, pour se permettre des activités, des sorties etc. Mais c'est surtout pour moi que je travaille.
_ T'es bizarre mais je t'aime quand même.

Demain, il faudra qu'elle m'explique ce que veut dire son "bizarre"

mardi 15 janvier 2008

Aveuglement et dialogue de sourds.

Les gens sont aveugles ou est-ce parce qu'ils ne veulent pas voir ?

Aujourd'hui, mon comptoir était fermé pour cause d'inventaire, il y avait une affiche posée de façon (me semblait-il, lisible). Cela n'a pas empêché les clients de défiler et même d'attendre.

J'ai eu le droit à :
_ Ah quand même, c'est pas trop tôt !
_ Et bien, on se fait attendre !

Et quand j'expliquais que c'était fermé, les réponses étaient :

_ Je n'avais pas vu mais j'en ai pour 5 minutes... (qui dure un quart d'heure).
_ Il y a toujours une bonne excuse pour ne pas servir le client dans ce magasin !
_ Je n'ai pas fait 150 km pour rien !

Bref, délicieuse journée dans la poussière et les lamentations des clients et même des collègues

_ Tu fermes ? Oh la la, qu'est-ce qu'on va prendre !

Et ils se posent la question de qui prend quand j'ouvre ?


L'accueil m'appelle.
_ Monsieur D. est là et voudrait savoir s'il peut récupérer son matériel.
J'avais eu ce monsieur au téléphone la semaine dernière pendant au moins 20 minutes.
Il ne voulait pas comprendre que s'il refusait le devis établi par le réparateur, son matériel reviendrait sans que la réparation soit faite.
Je dis à ma collègue, qu'exceptionnellement, elle peut envoyer le client. Je pensais que ce serait l'histoire de cinq minutes... ( les mêmes 5 minutes invoquées par les clients)
_ Il est réparé ?
_ Mais non, vous avez refusé le devis, on en a parlé au téléphone !
_ Je ne me souvient pas avoir dit non pour la réparation !
Je lui sort le devis avec la mention "refus", signé et daté de sa main.
_ J'avais du mal comprendre ! Que voulez-vous que j'en fasse s'il ne fonctionne toujours pas ?
_ ...
_ C'est quand même inadmissible d'attendre 6 mois pour s'entendre dire qu'il n'y a rien eu de fait sur cet appareil !!!
_ Monsieur D. je vais une nouvelle fois tenter de vous expliquer la situation ;
Primo, ce SAV n'a pas 6 mois. Vous êtes venu en août pour l'entretien de ce système de chauffage, je vous ai dit de revenir plus tard dans la saison, car en plein été, il est impossible de tester ce genre d'appareil avec des températures qui frôlent les 40° dans les ateliers.
Segundo, vous nous avez déposé votre matériel fin novembre. Il y a donc 1mois et demi.
_ Oui mais...
_ Attendez, Monsieur D. laissez moi finir. Donc vous l'avez laissé fin novembre, je vous ai envoyé le devis le 5 décembre. Vous y avez répondu le 31. S'il vous plait ne dîtes pas que les longueurs viennent de notre fait !
_ Mais j'étais absent pour...
_ Je n'ai pas fini. Donc vous refusez le devis et vous pensez malgré tout récupérer un appareil en état de fonctionnement ? Par quel procédé magique faîtes-vous travailler les gens gratuitement ?
_ ...
_ Je vous rend votre bien, non réparé.
_ Et l'argent que j'ai versé, les 70 euros?
_ Pardon ?
_ J'ai versé 70 euros de "prise en charge", je veux les récupérer !
_ Monsieur D., vous n'avez pas versé 70 euros, mais 29. Le montant que vous mentionnez c'est celui du devis pour réparation.
_ C'est pareil (?). Je veux les récupérer, puisque rien n'a été fait!!
_ Monsieur D., lorsque vous avez déposé votre matériel, je vous ai expliqué que ces 29 euros seraient perdus en cas de refus du devis proposé.
_Oui, mais ils n'ont rien fait !
_ (soupirs)... Monsieur D. les 29 euros de prise en charge, couvrent l'essence aller-retour, le travail du réparateur...
_ Mais il n'a rien réparé !
_ Je suis d'accord mais il a établi un diagnostic, et pour ce travail, il doit être payé.
_ Mais il n'a rien fait !
Dialogue de sourds... je cesse de lui répondre, lui remet son matériel et retourne à mon inventaire.
Parfois, les mots semblent vides de sens pour qui ne veut pas entendre

lundi 14 janvier 2008

J'ai rêvé...

Un jour...
Un jour si je le peux...
Un jour si je le peux je partirais pour le Canada...
Un jour si je le peux je partirais pour le Canada, s'il veut bien de moi...

Mais...
Mais pour cela...
Mais pour cela il me faudra...
Mais pour cela il me faudra... quoi au juste ?

Un visa, des devises, le sens des réalités, ...
Je n'ai que mes rêves, mes envies, ma bonne volonté...

Je rêve du Nouveau Brunswick, des plages de Shédiac,
Des rues de Dieppe, de la place Champlain
Pourquoi ? ! tout à trac :
Je n'en sais rien,
Ce serait comme me demander pourquoi mon mari est mon mari.
Parce qu'au fond de moi, sans savoir pourquoi, je savais que c'était lui,
Parce que c'est quelqu'un de bien, quelqu'un de droit, juste parce qu'il est lui.

samedi 12 janvier 2008

Tout n'est pas perdu !

Aujourd'hui, j'ai eu le droit à quatre compliments, c'est suffisamment rare pour être souligné ;

Un client mécontent râle (je sais jusqu'ici rien de nouveau) parce que j'avais dit que je l'appellerai dès que je réceptionnerai son matériel, qu'il vient de faire 150 km (tiens encore un !) pour rien.
_ mais, je ne vous ai pas téléphoné !
_ je sais mais vous aviez dit que peut-être ce serait là cette semaine et je viens de faire de la route pour vous entendre me dire que ce n'est pas là ! Vous vous foutez de moi ?!
_ J'avais dit peut-être et que je confirmerai par téléphone dès que je l'aurai.
Il continue sur sa lancée, qu'il n'achètera plus rien, qu'il n'y a que des incapables dans ce magasin etc, etc...
Le client part en râlant, celui d'après, le regarde partir, se retourne vers moi, me fais un grand sourire.
_ Bonjour et bonne année. J'espère que vous êtes bien payée pour ce boulot ! Rassurez-moi, ils ne sont pas tous comme ça ? J'admire votre sang froid, et vous gardez le sourire, je vous trouve magnifique.
La rougeur aux joues que j'avais après mon altercation avec le premier, ne m'a pas quittée avec le second mais pas pour les mêmes raisons.

Puis, un couple de personnes âgées se présente à mon comptoir, cherchant des renseignements, plusieurs, sur divers sujets, très gentils mais trèèèèès lents.
Il commençait à se former derrière eux une file d'énervés. Un des joyeux râleurs a lâché :
_ Ils ne peuvent pas abréger !
La dame, très classe, se retourne et répond :
_ On prend le temps, parce que lorsqu'on a la chance de tomber sur une personne aussi agréable que cette charmante jeune femme, on en profite avant de retomber dans la médiocrité des propos de certains !
Je l'aurais embrassée. Une bise pour le "agréable", une autre pour le "charmante", une troisième pour le "jeune" et même une quatrième pour avoir fermé le clapet de ce malotru. Par la suite, les énervés ont été charmants.

jeudi 10 janvier 2008

La force des contes

En regardant la télévision, je me remémore un "mot d'enfant" de ma grande qui avait neuf ans à l'époque.
Arrêtées à un feu rouge, nous voyons passer un "homme de petite taille".
_ maman, regarde comme il est petit le monsieur !
_ c'est un nain.
_ mais non !
_... regard interrogatif dans le retroviseur. Et pourquoi non ?
_ les nains vivent dans la forêt et là on est en ville !

J'ai eu un fou rire, et elle a été très vexée de ne pas comprendre ce qu'il y avait de drôle.


Encore aujourd'hui quand il nous arrive d'en croiser, je ne peux m'empêcher de sourire, et elle, elle lève les yeux au ciel.

Et pourquoi pas le beurre et l'argent du beurre ?

Ce matin, une cliente me téléphone et m'explique que la garantie de son radiateur est passée d'un jour, je consulte la charte et lui explique que je peux faire une demande de prise en charge, malgré tout, car j'ai de bonnes relations avec le fabricant.

Elle hésite car elle habite loin, que ce radiateur ne coûtait pas si cher et que si la garantie est refusée, elle aura attendu pour rien. je lui dis de ne pas trop attendre car pour une journée, je peux amadouer le fournisseur mais si elle attend une semaine ce sera plus difficile.

Dans l'après-midi, un homme vient et demande l'échange de son radiateur. je lui explique que l'échange ne peut être fait que si la charte passé entre le fabricant et le vendeur le spécifie.
En consultant la fiche, je vois que c'est le même produit que l'appel du matin. je regarde mieux le ticket et remarque que la garantie est passée d'un jour.
Curieuse, je lui demande si sa femme a téléphoné. Il acquiesce. je lui rappelle ce que j'ai dit à sa femme quelques heures plus tôt.

_ Mais ça ne m'arrange pas !
_ Je comprends bien monsieur, mais même sous garantie ce produit est réparé, pas échangé, alors hors garantie...
_ Rien à f... j'ai téléphoné et "on" m'a dit qu'on me l'échangerai ! vous n'y connaissez rien !
_ il n'y a que moi dans ce service, je connais mon travail et je sais lire une charte, j'ai eu votre femme et je lui ai expliqué comment cela se passerait. Si on vous a dit autre chose, je n'y peux rien ! Avez-vous le nom de la personne qui s'est engagée à faire l'échange ?
_ non, mais je n'aurais pas fait 150 kilomètres (au passage tous les clients annoncent 150 km !)
pour rien.
Il repart à l'accueil pour demander un responsable.
Plus tard, j'ai appris qu'il était reparti avec un radiateur avec une remise de 30% !
Qui ne tente rien....


Depuis que je suis à ce poste, dès que les clients émettent l'argument "j'habite loin", ils disent tous devoir faire 150 km, c'est à croire qu'il y a un no man's land autour du magasin...

lundi 7 janvier 2008

Vaisselle

Cet après-midi, ma grande n'avait pas beaucoup de cours.
Par téléphone, je lui demande si elle peut laver les casseroles du déjeuner.
- Euh, c'est où ?
- Quoi la cuisine ?
- Mais non pas quand même. La vaisselle !
- ... normalement, la vaisselle sale est dans l'évier...
- Mais maman, c'est dégoutant, il y a encore des trucs dedans !!!!!
- C'est le principe de la vaisselle sale. Et tu sais quoi , il faut y mettre les mains.

Quelle bonheur de voir en rentrant que ma grande a réussi à prendre sur elle.

Caprice d'adulte

Ce matin un client ramène un produit qui a une garantie de trois ans.
Je lui fais les papiers pour qu'il puisse avoir un remboursement.
Normalement, les clients apprécient cela.
Forcement, il faut que je tombe sur un cas.

Celui-là exige qu'on lui rendre 50 €, alors qu'il n'a payé que 35 € cette machine.
Je lui demande s'il est sérieux. Bien sûr, il commence à s'énerver, menace de porter plainte à la répression des fraudes, s'il n'obtient pas gain de cause.
Je tente de lui expliquer qu'il a utilisé son appareil pendant presque deux ans, et qu'on va lui rembourser, qu'il devrait être satisfait.
Il me retorque que cet outil vaut 50 €, qu'il a bénéficié d'une remise, et que si je ne lui rembourse que ce qu'il a payé alors je lui vole sa remise !!
Je ne comprends pas son discours et je lui dis, alors il devient franchement impoli. Et décide d'aller porter plainte puisque je suis si conne. Je lui souhaite une bonne journée.

Mais la cerise sur le Sundae (j'adore cette expression), c'est qu'un peu plus tard dans la matinée, j'apprends qu'un des cadres a cédé à sa requête...
Donc, je me prends les foudres des clients, et derrière mon dos mes supérieurs se dégonflent...et je suis sûre que le client est reparti très satisfait et persuadé qu'effectivement, je suis une conne.

Heureusement que j'ai les nerfs et l'humour nécessaire, et un peu de fierté, pour prendre ça à la légère.

Comment expliquer à mes enfants qu'il y a des règles, quelles sont faites pour tout le monde, quand je vois qu'un adulte qui pique une crise dans un magasin, obtient gain de cause.
Lorsqu'un enfant se roule à terre pour avoir le joli jouet ou l'énorme sucette, les gens regardent les parents avec dédain.
Je suis persuadée que cet homme fait parti des "biens-pensants". N'empêche, moi, je le vois comme un gamin capricieux...



dimanche 6 janvier 2008

Nouvelle génération

La boutade du jour :

Les devoirs ayant été faits dans l'après-midi, je demande s'ils sont bel et bien terminés.

"Mais oui ! C'est bon tout est OK !"

Je veux bien le croire mais alors comment ce fait-il que des feuilles traînent encore sur la table ?

" Oh ! ça c'est rien, ça peut aller à la poubelle."
" Ça veut dire quoi, quelles vont y aller toutes seules et qu'il faut attendre que des pattes leur poussent ou que je n'ai qu'à le faire ?"

Soupir dans les deux camps...

Motivations

Je me lance dans l'aventure Blog.
Cela fait un moment que cela trotte dans ma tête, et puisque je ne serai jamais publiée sur papier autant me lâcher sur la toile.

Tout cela vient d'un sentiment qui rode autour de moi depuis un moment. Le genre humain est-il perdu ? Je croise tellement de demandes absurdes que je me demande si c'est moi qui n'ai pas pied dans la réalité du 21ème siècle ou si ce sont les autres qui dérivent....
Attention, je ne me place au dessus de personne, mais je me sens parfois en décalage avec mes congénères...

Exemples récents :

Il me semblait avoir vu que les français ne voulaient pas travailler le dimanche.
Mais ce matin, je voulais acheter les cartes de voeux au seul hyper qui est ouvert ce jour jusque midi.... J'ai fait demi tour.
A 11h30, c'était tellement plein que je suis persuadée que les pauvres caissières y étaient encore à 13h.
Alors on ne veut pas aller bosser le week end, mais ça ne dérange pas grand monde de faire bosser les autres...

Il y a peu de temps , une mère de famille m'invectivait moitié en arabe, moitié en espagnol.
Et je pensait comprendre que je faisais mourrir son fils de faim et de chagrin, n'étant pas sûre de ma "traduction", (comment un retard de réparation d'un démodulateur de satellite pouvait faire dépérir un enfant ? ), j'attendais qu'elle se calme et priais pour qu'un traducteur me vienne en aide.

Devant mon incompréhension, elle prit les autres clients et mes collègues à témoin.
Quand enfin, un homme vint lui parler et me dit : - Elle dit que vous tuez son fils, parce que depuis qu'il ne voit plus ses dessins animés, il refuse de manger et pleure tout le temps.
C'est bien ce que j'avais compris au départ.

J'étais aussi désemparée qu'au début.
Est-ce que c'est l'image de la future génération qui se dessinait devant moi ? J'espère bien que non. Les enfants d'aujourd'hui ne sont pas tous accros à la télé, rassurez-moi !


Même au sein de ma propre famille, j'ai des instants de flottement.
J'ai parfois du mal à suivre les conversations de ma propre famille. Il faut dire que mari et filles sont fans de jeux vidéos.
J'assiste parfois à des dialogues étranges que je ne tente même plus de déchiffrer.
Moi : A table !
Mari : Attends, je vais bientôt être un phoque !
(c'est dans World of Warcraft ou WOW pour les initiés)

???

- Les filles ou vous arrêtez de vous disputer ou vous ne jouez plus ensemble !
- On est "obligées" de jouer ensemble maman sinon on meurt !

Irréel, je vous le dis.